Des genêts au jardin et autres histoires de sceaux

On est parti main dans la main, notre sceau de Salomon odorant sous le coude, pic-niquer au jardin. Puis, on s’est assis sur les tabourets des champs après avoir étendu le tussilage. On a commencé par sortir de notre sceau, le pain de coucou et on s’est servi deux verres d’absinthe pour se permettre quelques pensées sauvages. Pour éviter que la tête ne nous tourne trop, on s’est coupé quelques rondelles de sucisse des prés bien relevée au poivre des murailles. Après avoir chanté un peu, au rythme des topinambours sur lesquels nous tapotions, la faim nous a saisis. L’odeur qui s’est échappée des tupperwares a fait tout le reste. Nous avons commencé par une salade de carottes communes et de chou-marin râpés assaisonnée d’une sauce douce-amère au vinaigre de balsamine à petites fleurs et d’huile de lin. Nous avons ensuite enchainé avec un ragout de coquelicot et de fritillaire pintade aux giroflées et ballotes noires accompagné de knauties des champs et de racines de corail. Nous nous sommes régalés et n’avions presque plus faim. Mais comme nous sommes deux bons gourmands, nous avons tout de même pris une part de tarte à l’ambroisie que nous avons laissé glisser en buvant notre chicorée sauvage sucrée à l’ortie sauvage.

En rentrant main dans la main, comme des maianthèmes à deux feuilles, nous nous sommes promis de recommencer demain.

© Les faits Plumes

A l'ombre des cerisiers en fleurs en Île-de-France
Cerisiers en fleurs au parc de Sceaux / © Claudia Ratsiman

19 réflexions sur “Des genêts au jardin et autres histoires de sceaux

  1. En route pour seul au mont, mon saut dans l’élan du tien nous nous retrouvâmes au jardin ouvrier, chacun ses outils à la main. En bleu de chauffe l’entrain siffle comme une éponge et prête sarment en bacchanal-rock centaure ni raison autre que remplir le vers à foison. Poivre en ruban, la Cayenne à la mer en golfe de claire, coquillage , échalotte et beurre d’aise cargo. au râpé de carotte tu t’es mise pour dresser mes grandes oreilles quand le vent s’est levé. Garrigue, serpolet, romarin nous avons franchi Cévennes là. Jusqu’ à rien ne sèche…
    N-L

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