L’encas fée main

Tous les matins, je passais devant avec l’intention de me laisser parfumer par ces poussières de rires qui s’échappaient des fenêtres. Et chaque matin, alors que je levais une main en guise de salut, la même pensée accompagnait mon geste : « A quelle loterie du sourire, ses heureux propriétaires avaient-ils bien pu jouer ? » Ce matin, ma pensée dut être plus gloutonne que d’habitude car alors que je m’approchais, elle est sortie pour s’écrier : « Vous prendrez bien un petit encas fée maison ? Entrez donc ! »

En passant le palier de la porte, je sentis un bouquet d’effusions multiples courir vers moi pour me chatouiller les narines. En me voyant observer les lieux, mon hôte m’invita à une visite libre « le temps de dresser la table, me dit-elle gaiement. »

Les toilettes dégageaient une odeur de pissenlit adoucie par les effluves de crocus émanant du papier hygiénique. Le salon, de son côté, émettait des senteurs de liseron pimentées d’un zeste de chardon. La cuisine déversait en mon sein, à chacune de mes inspirations, un parfum de capucine qui se mélangeait subtilement aux odeurs de vipérine s’évaporant de la salle à manger voisine. En haut, la chambre embaumée d’onagre offrait un empyreume confortable. Quant à la salle de bain, elle sentait tout simplement le jasmin.

Mais ce n’est qu’une fois assis autour de la table que je m’aperçus que les murs exhalés un arôme de framboise.

L’encas fée main témoignait de tout l’amour émis par les doigts experts qui l’avaient modelé. Délicieux, il était aussi très beau. Il enchantait le cœur de ses bouts fées de chaleur humaine.

C’est alors que je compris, que tous ces rires entendus qui réfléchissaient sur les passants, ne tenaient en rien à la chance.

Ces gens avaient juste crée un havre de paix sur terre qui sentait le bon-bon vivant.

© Les faits Plumes

© Paloma Corral

10 réflexions sur “L’encas fée main

  1. Au grand-ménage que la pleine lune du 28 prépare ton ballet entre chat sur ton toi des visiteurs du seoir
    Effleure d’odeurs en toile être
    La petite robe noire laissée derrière la barrière de corail
    C’est touchant
    Un en droit au bonheur
    Que la main d’un pas de deux pointe pour s’accrocher
    Douce journée, Delphine…
    N-L

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